La
ministre de la Santé Roselyne Bachelot a indiqué mardi qu'elle allait
faire étudier la possibilité d'apposer sur les produits dangereux pour
la reproduction un logo indiquant qu'ils "ne sont pas recommandés aux
femmes enceintes et aux jeunes enfants".
En
outre, lors d'un Colloque à Paris sur "Environnement chimique,
reproduction et développement de l'enfant", elle a déclaré qu'elle
demanderait à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de
santé (AFSSAPS) de lancer une étude sur le risque des cosmétiques
pendant la grossesse et chez le jeune enfant, "notamment les
cosmétiques distribués dans les maternités".
Mme Bachelot a
indiqué encore qu'elle allait commander à l'Inserm (Institut national
de la santé et de la recherche médicale) "une expertise collective sur
la mutagenèse et la reprotoxicité de produits chimiques, notamment les
produits classés CMR3".
Les CMR sont les produits cancérogènes,
mutagènes (qui risquent de provoquer des défauts génétiques) ou
reprotoxiques (toxiques pour la reproduction). Ils sont classés en
plusieurs niveaux selon leur dangerosité : CMR1, dont la toxicité est
assurée, CMR2, où la présomption est forte, et CMR3, où les effets CMR
sont "possibles" mais pour lesquels les informations sont insuffisantes.
Elle
a indiqué encore qu'elle interviendrait au niveau européen "pour que
soit connue dans le respect du secret industriel la composition
quantitative et qualitative des cosmétiques".
L'INPES (Institut
national de prévention et d'éducation pour la santé) devrait lancer une
campagne sur les risques potentiels liés à l'utilistation pendant la
grossesse de certaines substances chimiques, notamment les CMR3.
Lors
de ce même colloque, la secrétaire d'Etat chargée de l'écologie
Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé qu'on pouvait aujourd'hui, dans le
cadre du règlement Reach qui impose aux industriels de démontrer que
leurs produits ne sont pas toxiques, "aller plus loin" et être "plus
sévère" pour les "cocktails de substance" présents dans notre
environnement.
Elle a rappelé plusieurs actions conduites par son
ministère: le programme national de recherche sur les perturbateurs
endocriniens, le plan Ecophyto 2018 visant à réduire de 50% l'usage des
pesticides en 10 ans, le projet d'un pôle national applicatif en
écotoxicologie et toxicologie, et la directive Biocides.
La
secrétaire d'Etat a enfin souhaité que, contrairement à ce qui se passe
pour l'industrie chimique, "un principe de précaution a priori et non a
posteriori" soit mis en place pour les nanotechnologies. |